• Gilles Ruffieux

Brisons la route à la culture de la mollesse et de l'excuse, venin de la culture résultat !

Updated: Feb 18


Quel que soit le mode de management, agile, classique, libéré, holacratique ou autonomisé, la mollesse d'un management sponsorisée par une bonne excuse est le poison pernicieux qui empêche l'émergence et le développement d'une culture résultat, base d'une performance durable.


Cette dernière ne peut exister ou se développer dans un environnement ou une bonne excuse, justifiée ou non, permet à tout un chacun de se libérer en toute impunité de ses engagements ou obligations.


Cette culture d'un management de la mollesse s'insinue lentement, comme des grains de sables dans les mécanismes des organisations, et progressivement l'encrasse au point de la mettre en danger.


Cela commence simplement, presque par hasard. Le suivi des actions d'un plan qui n'ont pas pu être exécutées et que l'on repousse à la prochaine échéance, sans conséquence, une fois, puis 2, puis 3...


Cela continue par une urgence qui génère un changement de priorité et laisse des travaux en cours un peu partout dans l'entreprise. Ces derniers générant d'autres urgences, qui s'enchaînent de plus en plus vite, dans un cercle devenant infernal, donnant naissance à une culture du commando. Les équipes de commandos justifiant un repos bien mérité entre chaque haut fait d'armes. L'output du système baisse progressivement en qualité pour un coût de production ayant tendance à augmenter.


Et insidieusement, le "réussir", se transforme en "essayer" ou "faire de son mieux". L'organisation est passé en mode "Best effort" dont la capacité d'exécution varie en fonction d'éléments devenus intangibles. Les points de marges ont tendance à se faire de plus en plus rares, sans que l'on soit capable de l'expliquer.


Les idées sont toujours là, les plans d'action sont toujours bons, leur exécution de moins en moins efficace.


L'énergie est encore bien présente (en apparence pour le moins), tout le monde prend des engagements, annonce des délais qu'il est de moins en moins certain de pouvoir tenir. Tout compte fait, cela a-t-il encore de l'importance ?


Livrer, ou ne pas livrer, n'est bientôt plus la question. Ce qui compte c'est la qualité de l'excuse ou des protections internes qui délivrent de cette obligation.


La satisfaction du travail livré, la reconnaissance et la motivation qu'il procure, disparait progressivement au profit de la satisfaction du roublard ayant toujours un bon tour dans son sac pour s'en sortir.


Plus le temps passe, plus le système renforce sa culture et devient expert dans l'art d'épuiser rapidement les nouveaux entrants motivés pour les convertir au confort offert par la mollesse ambiante.


J'exagère me direz-vous ? Un peu mais est-ce si loin de la réalité ? Le danger c'est de s'y plonger, car comme une drogue douce, la culture de la mollesse nous isole dans un confort relatif dont il est difficile de sortir.


N'est-il pas temps de mettre un frein à cette dérive pernicieuse de l'engagement mou et de l'échec sans conséquences ?


N'est-il pas temps de décréter un changement fondamental dans le management et de tout les principes, n'en garder qu'un :


Le respect des engagements comme valeur fondamentale !


Ce principe, apparemment si simple, permet d'activer un ensemble de vertus, sources d'efficacité, de performance et de satisfaction.


Car, s'engager et s'y tenir présuppose :

  1. L'acceptation de ne pas pouvoir tout faire, et de se concentrer sur ce qui est important.

  2. La nécessité de choisir les sujets les plus importants.

  3. Le besoin d'échanger sur les priorités afin d'être en mesure de faire un choix éclairé.

  4. L'importance de s'accorder à priori sur le résultat attendu afin de pouvoir faire juste du 1er coup, bloquant la chaîne des dominos de l'urgence.

  5. L'acceptation de la responsabilité de ses actions, sans chercher à déléguer ses manquements sur d'autres.

  6. Le développement des dynamiques d'équipes collaboratives, privilégiant les engagements collectifs, car on est tellement plus fort à plusieurs.

Cela permet de rendre tout un chacun fier du travail accompli, fier de ses succès répétés et de renforcer le sentiment d'auto-efficacité, d'autonomie et d'engagement personnel et collectif.


Pour finir, cela permet le développement de relations de confiances fortes et réciproques, renforçant la résilience de tous et de l'organisation.


Les méthodes agiles ou lean sont efficaces, car elles se sont construites autour de ce mécanisme simple, puis ont développés autour des pratiques, permettant de stimuler son émergence et de la faire grandir.


Je ne connais pas de manière plus radicale et efficace de changer une culture et de produire des résultats rapides. Et vous ?


Mais je vous l'annonce, ce n'est pas un chemin facile. Cela demande de la rigueur, de la patience et de l'amour pour la voire grandir et se développer. Il est nécessaire de désapprendre ce que nous avons appris. Car cette culture de la mollesse s'est insinuée un peu partout, je la rencontre bien souvent chez certains de mes clients, je la vois pratiquée, dès le plus jeune âge, à l'école, et se renforcer très lentement, d'année en année.


Alors, s'il y a un changement à opérer à mon avis dans cette période post-covid c'est bien celui-ci.


Prenons tous, l'engagement, ensemble, de tenir nos engagements. Choisissons avec intelligence et parcimonies les sujets, puis mettons en œuvre toute notre énergie et nos talents pour les réaliser. Pardonnons-nous nos échecs, relevons-les et continuons de nous améliorer, jour après jour. Ensemble progressons vers une culture résultat motivante et stimulante.


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